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Miroir des éternités

Le vieux tronc couché dans l'herbe
Comme si de temps n'était
Passé en silence aimé
Comme si de temps n'était
Les foyers de lune en gerbe
Au clair rongé
Passé en silence aimé

Souvenir à deux amours
Danser jouer puis sourire
L'ange aux yeux bleus qui soupire
Souvenir à deux amours
Un ciel noir au jour le jour
Pour seul empire

Une rue sombre et un chemin
Sa maison pour univers
Sont sable au vent du désert
Une rue sombre et un chemin
Qui s'échappe de la main
Au fil d'enfer

Vie automne sur automne
En tapis dans la forêt
En tourbillons de fumée
En tapis dans la forêt
Les heures du chaos sonnent
Terre incendiée
En tourbillons de fumée

Nos regards se sont perdus
Et nos membres sont si las
Le tocsin s'arrêtera
Et nos membres sont si las
D'amour de voix jamais plus
Il ne naîtra
Le tocsin s'arrêtera

Sol sans eau et sans lumière
Après le rêve d'un printemps
Quelques silhouettes au vent
Après le rêve d'un printemps
Sur l'immense cimetière
Quelques errants
Quelques silhouettes au vent

Marseille 1966

Voir Partition : Miroir éternités
(SACEM 1978 N° 1444890)

Ecoute mp3 Miroir des deux éternités  
En écoutant un extrait de la musique du film "La liste de Schindler" (1993 - John Williams) on a pu entendre une similitude avec les phrases mélodiques de cette chanson. Mieux que du hasard, il y a peut-être cohérence naturelle avec la première sensation profonde du poème "Miroir des éternités" de 1966 et sa mise en musique de 1979... ainsi qu'avec les faits humains qui demeurent au fond (au "chant profond") de nos mémoires.

Mieux que du hasard, il y a peut-être cohérence naturelle avec ???
"the almost entire Schindler's List Theme + violin solo is in Mahler's Symphony 9?"... ou 8ème symphonie, II..?.

"...Dans Il faut apprendre à aimer, un des courts aphorismes de son livre Le gai savoir (1882), le philosophe Nietzsche explique qu'apprendre à aimer une œuvre musicale nécessite des efforts. (...)"

334. Il faut apprendre à aimer. - Voilà ce qui nous arrive en musique : il faut d'abord apprendre à entendre en général, un thème ou un motif, il faut le percevoir, le distinguer, l'isoler et le limiter en une vie propre ; puis il faut un effort et de la bonne volonté pour le supporter, malgré son étrangeté, pour exercer de la patience à l'égard de son aspect et de son expression, de la charité pour son étrangeté : - enfin arrive le moment où nous nous sommes habitués à lui, où nous l'attendons, où nous pressentons qu'il nous manquerait s'il faisait défaut ; et maintenant il continue à exercer sa contrainte et son charme et ne cesse point que nous n'en soyons devenus les amants humbles et ravis, qui ne veulent rien de mieux dans le monde que ce motif et encore ce motif. - Mais il n'en est pas ainsi seulement de la musique : c'est exactement de la même façon que nous avons appris à aimer les choses que nous aimons. Finalement nous sommes toujours récompensés de notre bonne volonté, de notre patience, de notre équité, de notre douceur à l'égard de l'étranger, lorsque pour nous l'étranger écarte lentement son voile et se présente comme une nouvelle, indicible beauté. De même celui qui s'aime soi-même aura appris à s'aimer sur cette voie-là : il n'y en a pas d'autre. L'amour aussi, il faut l'apprendre.

(in recueil unique 67-68 "Un hâvre entre deux nuits")
* Photos : Rians 1969 depuis cabanon-source de Maille

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